Publié le 2 juin 2026
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Mis à jour le 2 juin 2026
le 13 juin 2026
Campus Berges du Rhône
8h45
Lieu : Palais Hirsch 4 Bis rue de l'Université 9007 LYON
Salle : Léonie Villard
Lieu : Palais Hirsch 4 Bis rue de l'Université 9007 LYON
Salle : Léonie Villard
Madame Maïwenn L'HARIDON soutiendra publiquement ses travaux de thèse dirigés par Madame Pascale BRILLET-DUBOIS, le samedi 13 juin 2026 à 8h45
Type de soutenance : Soutenance de travaux de thèses
Titre des travaux: Mémoires antagonistes des meurtres tragiques
Directrice de thèse : Mme Pascale BRILLET-DUBOIS
École doctorale : 3LA - Lettres, Langues, Linguistique, Art
Équipe de recherche : HiSoMa - Histoire et Sources des Mondes Antiques
La soutenance sera publique.
Membres du jury
Mots-clés :
Tragédie grecque, Mémoire, Dramaturgie, Eschyle, Sophocle, Euripide
Résumé :
Cette thèse étudie les conflits de mémoire autour des meurtres tragiques dans un corpus de seize tragédies, en analysant à la fois les stratégies discursives des personnages et la matérialité du spectacle. La mémoire tragique est paradoxale : là où Mnémosyne, déesse de la mémoire, est censée procurer l’oubli des maux et permettre la célébration des gloires, la tragédie grecque met précisément en scène des crimes, des deuils et des violences insoutenables. Les meurtres tragiques constituent en effet un objet mémoriel que les autres genres poétiques, comme l’épopée ou l’épinicie, tendent à écarter de leur entreprise, au profit des exploits glorieux. Le souvenir des crimes génère des émotions négatives (horreur, honte, colère,tristesse…) qui semblent contradictoires avec le plaisir attendu du spectacle. Ce paradoxe invite à repenser la mémoire non comme un vecteur d’harmonie ou de cohésion sociale, mais comme un facteur de dissension et de rupture, notamment lorsqu’elle porte sur des crimes intrafamiliaux ou des violences collectives.
Pour éclairer cette tension, nous adoptons une approche dramaturgique qui examine les textes tragiques à différentes échelles (réplique, scène, pièce, trilogie), en portant attention aux ressources scéniques (espaces, objets, costumes, gestes, parties chorales) autant qu’aux stratégies verbales de remémoration, de témoignage et de commémoration. Cette lecture est nourrie par les travaux des études de mémoire(mémoire « collective », « culturelle », « conflit de mémoire ») et par des apports en sciences cognitives, notamment sur les liens entre émotion et mémoire traumatique. Notre thèse est que la tragédie grecque représente la mémoire comme un processus dynamique, sélectif et fondamentalement conflictuel. Loin d’imposer un discours mémoriel univoque, elle engage les personnages, le choeur et les spectateurs dans une compétition pour contrôler la façon dont les meurtres seront rappelés,commémorés ou oubliés. Ce conflit de mémoire structure les rapports entre les personnages, infléchit la fabrication de la mémoire de la violence et oriente l’expérience mémorielle des spectateurs, invités à arbitrer entre des versions antagonistes du passé. Le conflit de mémoire devient même, en fin de compte, un objet de mémoire en lui-même : ce dont les spectateurs se souviennent, c’est moins d’un discours de mémoire particulier que de la confrontation spectaculaire de discours antagonistes et de la manipulation des signes matériels du passé. Ce faisant, la tragédie entre en tension avec la mémoire culturelle athénienne et les pratiques mémorielles des autres genres poétiques.
La première partie démontre que les indices matériels mobilisés par les personnages (cadavres, lieux, objets et armes meurtrières) sont toujours susceptibles d’être manipulés et de diviser : loin de fixer un souvenir commun, ils suscitent des discours antagonistes et rendent le conflit de mémoire perceptible dans l’espace même du spectacle. La deuxième partie examine la manière dont les personnages,
notamment les meurtriers eux-mêmes, construisent un discours de mémoire destiné à perdurer, à travers les manifestations traumatiques du souvenir coupable, le miasma et l’institution de mémoriaux (mnèmata), montrant que les tourments individuels contaminent la communauté. La troisième partie étudie le rôle des spectateurs internes et externes dans l’arbitrage des conflits mémoriels, en analysant les modèles proposés par la fiction, les injonctions directes au souvenir adressées au public et la manière dont la construction dramatique, à l’échelle de la pièce ou de la trilogie, oriente les spectateurs vers une mémoire fondamentalement ambiguë et conflictuelle qu’il leur appartient d’assumer.
Titre des travaux: Mémoires antagonistes des meurtres tragiques
Directrice de thèse : Mme Pascale BRILLET-DUBOIS
École doctorale : 3LA - Lettres, Langues, Linguistique, Art
Équipe de recherche : HiSoMa - Histoire et Sources des Mondes Antiques
La soutenance sera publique.
Membres du jury
| Prénom Nom | Université | Qualité |
| Mme Pascale BRILLET-DUBOIS | Université Lumière Lyon 2 | Directrice de thèse |
| Mme Christine MAUDUIT | Ecole Normale Supérieure de Paris | Rapporteure |
| M. Michel FARTZOFF | Université Marie & Louis Pasteur | Rapporteur |
| Mme Anne-Sophie NOEL | Ecole Normale Supérieure de Lyon | Examinatrice |
| Mme Marianne HOPMAN | Université Northwestern | Examinatrice |
| M. Richard BOUCHON | Université Lumière Lyon 2 | Examinateur |
Mots-clés :
Tragédie grecque, Mémoire, Dramaturgie, Eschyle, Sophocle, Euripide
Résumé :
Cette thèse étudie les conflits de mémoire autour des meurtres tragiques dans un corpus de seize tragédies, en analysant à la fois les stratégies discursives des personnages et la matérialité du spectacle. La mémoire tragique est paradoxale : là où Mnémosyne, déesse de la mémoire, est censée procurer l’oubli des maux et permettre la célébration des gloires, la tragédie grecque met précisément en scène des crimes, des deuils et des violences insoutenables. Les meurtres tragiques constituent en effet un objet mémoriel que les autres genres poétiques, comme l’épopée ou l’épinicie, tendent à écarter de leur entreprise, au profit des exploits glorieux. Le souvenir des crimes génère des émotions négatives (horreur, honte, colère,tristesse…) qui semblent contradictoires avec le plaisir attendu du spectacle. Ce paradoxe invite à repenser la mémoire non comme un vecteur d’harmonie ou de cohésion sociale, mais comme un facteur de dissension et de rupture, notamment lorsqu’elle porte sur des crimes intrafamiliaux ou des violences collectives.
Pour éclairer cette tension, nous adoptons une approche dramaturgique qui examine les textes tragiques à différentes échelles (réplique, scène, pièce, trilogie), en portant attention aux ressources scéniques (espaces, objets, costumes, gestes, parties chorales) autant qu’aux stratégies verbales de remémoration, de témoignage et de commémoration. Cette lecture est nourrie par les travaux des études de mémoire(mémoire « collective », « culturelle », « conflit de mémoire ») et par des apports en sciences cognitives, notamment sur les liens entre émotion et mémoire traumatique. Notre thèse est que la tragédie grecque représente la mémoire comme un processus dynamique, sélectif et fondamentalement conflictuel. Loin d’imposer un discours mémoriel univoque, elle engage les personnages, le choeur et les spectateurs dans une compétition pour contrôler la façon dont les meurtres seront rappelés,commémorés ou oubliés. Ce conflit de mémoire structure les rapports entre les personnages, infléchit la fabrication de la mémoire de la violence et oriente l’expérience mémorielle des spectateurs, invités à arbitrer entre des versions antagonistes du passé. Le conflit de mémoire devient même, en fin de compte, un objet de mémoire en lui-même : ce dont les spectateurs se souviennent, c’est moins d’un discours de mémoire particulier que de la confrontation spectaculaire de discours antagonistes et de la manipulation des signes matériels du passé. Ce faisant, la tragédie entre en tension avec la mémoire culturelle athénienne et les pratiques mémorielles des autres genres poétiques.
La première partie démontre que les indices matériels mobilisés par les personnages (cadavres, lieux, objets et armes meurtrières) sont toujours susceptibles d’être manipulés et de diviser : loin de fixer un souvenir commun, ils suscitent des discours antagonistes et rendent le conflit de mémoire perceptible dans l’espace même du spectacle. La deuxième partie examine la manière dont les personnages,
notamment les meurtriers eux-mêmes, construisent un discours de mémoire destiné à perdurer, à travers les manifestations traumatiques du souvenir coupable, le miasma et l’institution de mémoriaux (mnèmata), montrant que les tourments individuels contaminent la communauté. La troisième partie étudie le rôle des spectateurs internes et externes dans l’arbitrage des conflits mémoriels, en analysant les modèles proposés par la fiction, les injonctions directes au souvenir adressées au public et la manière dont la construction dramatique, à l’échelle de la pièce ou de la trilogie, oriente les spectateurs vers une mémoire fondamentalement ambiguë et conflictuelle qu’il leur appartient d’assumer.
Informations pratiques
Lieu(x)
Campus Berges du Rhône