Publié le 2 novembre 2026 – Mis à jour le 2 novembre 2026
le 4 novembre 2026
Campus Berges du Rhône
14h00
Lieu : Maison Internationale des Langues et des Cultures (MILC), 35 rue Raulin, 69007 LYON France
Salle : Amphithéâtre de la MILC

Madame Lucie METRAL soutiendra publiquement ses travaux de thèse dirigés par Madame Sophie KERN et Madame Stéphanie GOBET, le mercredi 4 novembre

Type de soutenance : Soutenance de travaux de thèses
Titre des travaux: Le Bébé Signe : effet de son utilisation sur le langage et les interactions des enfants entendants
Directrices de thèse : Madame Sophie KERN et Madame Stéphanie GOBET
École doctorale : 3LA - Lettres, Langues, Linguistique, Art
Équipe de recherche : DDL - Dynamique du Langage

La soutenance sera publique.


Membres du jury
 
Prénom Nom Université Qualité
Mme Sophie KERN Université Lumière Lyon 2 Directrice de thèse
Mme Stéphanie GOBET Université de Poitiers Co-directrice de thèse
M. Christophe PARISSE Université Paris Nanterre Rapporteur
M. Francesco PAVANI Université de Trento Rapporteur
Mme Diane BEDOIN Université de Rouen Normandie Examinatrice

Mots-clés :
Bébé Signe, Acquisition du langage, Multimodalité, Comptines
Résumé :
De nombreux enfants entendants d’âge préscolaire sont exposés au Bébé Signe (BS), à domicile ou sur leurs lieux de socialisation. Cette pratique consiste à associer systématiquement des signes de la langue des signes à la parole afin de favoriser les interactions adultes-enfants. Si les travaux sur le développement du langage de l’enfant, oral et gestuel,concluent que les gestes apparaissent précocement et aident à l’émergence des premiers mots (Fenson et al., 1994 ; Kern &Gayraud, 2010), les recherches consacrées à l’acquisition des signes, et plus encore à la pratique du BS, demeurent limitées et livrent des résultats contrastés. L’objectif de cette thèse est d’évaluer si le BS a une influence sur l’acquisition du langage et de la communication chez des enfants entendants. Pour cela, trois protocoles de recherche complémentaires ont été mis en place.
Tout d’abord, une revue systématique de la littérature a été effectuée couvrant la période 2013-2022 sur l’effet du BS sur le développement d’enfants typiques. Parmi les 1758 articles identifiés, 34 ont été retenus. Les travaux retenus concernent l’impact du BS sur le développement du langage productif et réceptif, sur la production des gestes et des signes,sur la communication ainsi que sur le développement cognitif, prosocial et socio-émotionnel. Des résultats contradictoires sont mis à jour. Certaines études montrent un effet positif, d’autres suggèrent un effet favorable du BS, mais sans preuve statistique, tandis que d’autres encore n’observent aucun effet. Un deuxième chapitre porte sur une recherche interventionnelle menée dans 4 crèches comprenant des enfants, âgés entre 3 mois et 3 ans, et leurs éducatrices,préalablement formées au BS. Deux types d’activités, des comptines et des lectures d’album, ont été filmées à cinq temps distincts puis analysées : avant la formation (T0), puis deux semaines (T2), trois, six et neuf mois après celle-ci (T3, T6,T9). Les données, recueillies auprès de 4 à 25 participants par temps de mesure, ont permis d’étudier l’évolution des formes linguistiques (mots, signes, gestes) et de la classe grammaticale des mots. Les résultats montrent que la répartition des formes est différente entre les groupes et dans le temps. Les adultes préfèrent les mots isolés puis les mots associés aux signes, tandis que les enfants favorisent les gestes et les signes. Les mêmes résultats sont trouvés pour les classes grammaticales. Les dix signes les plus produits par les enfants ont été comparés à leur fréquence chez les adultes et se révèlent différents. Enfin, des comparaisons entre activités montrent des différences de répartition entre les groupes.
Enfin,une enquête en ligne a été diffusée pour explorer les pratiques familiales du Bébé Signe. Elle se compose de trois questionnaires : un relatif à l’enfant, un aux parents, ainsi que les Inventaires Français du Développement Communicatif(IFDC). L’objectif était d’enrichir des données existantes et de les comparer à celles d’enfants n'ayant pas été exposés au BS.Les résultats ne montrent aucune différence dans le nombre de mots produits entre les enfants exposés et non exposés au
BS. Cependant, les dix mots les plus fréquents ne sont pas les mêmes entre les groupes. Au sein du groupe exposé, le sexe de l’enfant influence la production lexicale, contrairement au niveau d’études des mères, qui n’a pas d’effet. De plus, lorsquel a famille et le mode de garde signent, on observe un effet positif sur le nombre de mots produits. Un mode de garde unique est associé à une probabilité plus élevée que le premier mot produit à l'oral ait été préalablement produit en signe. Enfin,nous montrons que les premiers mots émergent plus tardivement que les premiers signes.
Au terme de ce travail, il est possible d’affirmer que le BS n’a pas d’effet négatif sur le développement des enfants. En revanche, pour déterminer s’il exerce un effet positif ou neutre, des recherches supplémentaires seront nécessaires.

Informations pratiques

Lieu(x)

Campus Berges du Rhône