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Journée d'études : Malheureux les peuples qui ont besoin de héros ? (15 juin 2015)

 
En écho à la création de Tumultes de Marion Aubert, mise en scène par Marion Guerrero, à La Comédie de Saint-Étienne, du 25 au 27 juin à 20 h, avec les élèves-comédien(ne)s de 3e année (promotion 26) de L’École de la Comédie : Julien Bodet, Thomas Jubert, Gaspard Liberelle, Aurélia Lüscher, Tibor Ockenfels, Maurin Olles, Pauline Panassenko, Manon Raffaelli, Mélissa Zehner

Avec la participation de Leïla Adham, Marion Aubert, Céline Champinot, Samuel Gallet, Marion Guerrero, Pascale Henry, Benoît Lambert, Kheireddine Lardjam, Arnaud Meunier, Olivier Neveux, Lorraine Wiss





Qu’en est-il aujourd’hui de l’héroïsme au théâtre ? Peut-on encore seulement en énoncer le désir ou la quête ? Les faits, il est vrai, sont édifiants : que n’a-t-on produit comme inhibitions et comme cultes en son nom ? Assurément, il charrie avec lui nombre de légitimes préventions : trop de dieux et trop de maîtres (masculins), trop de représentations engoncées dans la morale, le catéchisme et la leçon. Tout un théâtre, sinistre, s’était donné pour tâche de convertir au courage ou à l’adoration de la vertu.
Mais à l’heure du désenchantement postmoderne et de sa dérision, l’héroïsme paraît succomber. Certains petits récits s’en font le relais : il aurait disparu, sans retour, dans les « eaux sales et glacées du calcul égoïste ». Plus d’histoire, plus d’héroïsme. Ne restent alors, parfois bien fatigués, qu’une poignée de « super-héros ». Le débat, si tant est qu’il y ait alors débat, parfaitement rodé, oppose ainsi aux béats les ricanants.
Et pourtant : l’héroïsme existe, comme l’histoire. Peut-être le terme est-il désormais obsolète, impropre à décrire certains gestes et quelques vies, trop connoté et empesé. Mais, envers et malgré tout, l’héroïsme existe, divers, et vient perturber dérisions satisfaites et déplorations complaisantes.
Qu’en est-il alors de cette présence dans le théâtre contemporain ? Est-elle visible, repérable, souhaitable ? Et que dire de son écriture et de sa représentation, des enjeux politiques et esthétiques qui s’en déduisent ? A partir d’exemples, cette journée d’études, qui réunira artistes et chercheur(e)s, entend réfléchir aux formes que prennent les héroïsmes, aujourd’hui, sur scène, aux façons d’en rire, d’en produire la critique, d’en convoquer l’historicité, de les fictionner ou de les référencer.

A la scène 13 de La Vie de Galilée de Brecht, Andréa affirme : « Malheureux le pays qui n’a pas besoin de héros », avant d’être repris, quelques répliques plus tard par Galilée : « Non. Malheureux le pays qui a besoin de héros ». Les interrogations de cette journée voudraient se situer au cœur de cet inconfort politique.

Olivier Neveux

www.lacomedie.fr/index.php/fr/l-ecole-de-la-comedie/recherche/journee-d-etudes

www.lacomedie.fr/index.php/fr/l-ecole-de-la-comedie/formation/3a/tumultes

www.theatre-contemporain.net/textes/Tumultes-Marion-Aubert/


mise à jour le 18 novembre 2015


Documents :


Journée d'études co-organisée avec l’Equipe d’accueil "Passages XX-XXI" (EA 4160), Département "Arts de la scène, de l’image et de l’écran", Faculté des Lettres, Sciences du Langage et Arts – Université Lumière Lyon 2 et L’École de la Comédie de Saint-Étienne – École supérieure d’art dramatique
lun. 15 juin à partir de 9 h 30
Université Lumière Lyon 2