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Réaction d’Olivier Ferret
Sous la présidence de G. Puech, les CA ont ceci de commun avec la Samaritaine qu’il s’y passe toujours quelque chose : chaque séance comporte son lot de surprises, ce qui constitue déjà une excellente raison de sacrifier au rituel de l’amphi Benveniste où l’on sait en général à quelle heure on commence sans être jamais en mesure de prévoir à quelle heure (et dans quel état) on en sortira, malgré les indications portées sur les convocations. C’est ainsi que nous étions conviés, hier vendredi 28 mai à 11h, à une séance d’une heure et demie où figurait à l’ordre du jour l’examen du nouveau règlement de scolarité et de la dotation pédagogique des Masters.
S’agissant du règlement de scolarité, une première surprise nous attendait dès l’ouverture du CA : en dépit des réserves que nous étions plusieurs à avoir émises concernant notamment le poids du stage TICE et le dispositif des compensations, nous apprenions qu’il ne saurait être question d’aborder « à chaud » ces questions que le Président reconnaissait en même temps être à juste titre l’objet de controverses : mieux valait en tout état de cause voter le texte (dont la énième version venait juste de nous être distribuée), en réservant pour « plus tard » - sans doute en octobre prochain la « discussion qualitative » nécessaire. Curieuse manière d’envisager le problème, à la vérité, puisqu’il semblait urgent d’entériner par un vote un texte que l’on pouvait d’ores et déjà considérer sur certains points comme mauvais à tout le moins susceptible d’être amendé. Comme nous en avions pris l’engagement, les élus du Département ont eu l’audace d’exprimer leurs réserves, ce qui n’a eu pour effet que de susciter des réponses évasives de la part de l’équipe présidentielle, des propos impertinents d’un élu étudiant et, en définitive, une fin de non recevoir de la part d’un Président visiblement soucieux de couper court à tout débat, et de passer au vote : après comptes et décomptes des voix (et quelques flottements au niveau de ceux des procurations), le règlement de scolarité était adopté en l’état, avec 17 voix pour, 2 contre (la mienne et celle de L. Thirouin qui m’avait donné procuration) et 10 abstentions.
Restait à aborder la question centrale de la dotation des Masters, à partir de 12h30 heure initialement prévue pour la fin du CA. Une nouvelle surprise nous attendait : alors que nous avions travaillé depuis un an à l’élaboration des maquettes en respectant à la lettre les consignes de la Présidence, alors qu’elles venaient de recevoir l’accréditation du Ministère, nous apprenions que ces maquettes en particulier celles de la faculté LESLA étaient considérées par la même Présidence comme trop onéreuses : un surcoût de 2035 heures par rapport à la présente année apparaissait brusquement ; chiffre évidemment très supérieur à celui observé dans d’autres Facultés, qui bénéficiaient déjà, faut-il le rappeler, d’une dotation également très supérieure à la nôtre. Comme on ne prête décidément qu’aux riches, et comme le rééquilibrage promis par la Présidence ne peut manifestement pas s’étendre à des filières tristement académiques, toutes les Facultés étaient donc mises en demeure de financer par leurs propres moyens le surcoût et, en ce qui nous concerne, qui a le moins peut le plus. Comme, par ailleurs, une Université d’excellence se doit de tout miser sur les Masters, la solution semblait évidente : une coupe sombre au niveau du « L » allait assurément permettre de financer le « M ». Le calendrier 2004-2005, providentiellement calculé sur 13 semaines de cours semestriels, s’offrait alors comme une planche de salut : la « respiration pédagogique » permise par l’heure et demie « flottante » se transformait, une semaine plus tard, en réservoir d’heures arrivant à point nommé, et les enseignants ne devaient plus envisager de les consacrer à quelque activité pédagogique virtuelle, mais plus simplement se résoudre à en faire le deuil. Le temps d’enseignement étant désormais strictement réduit à 19 heures 30 par EP, chacun devait songer à revoir son service afin d’assurer non plus les 9 TD permettant d’atteindre 189h comptées 192, mais dorénavant 10 TD pour effectuer 195h. Ceux qui, par leurs réponses à mon précédent appel à réaction, avaient flairé l’escroquerie virtuelle n’étaient donc pas si mal inspirés. Tous les membres du CA ne partageaient toutefois pas leur analyse puisque, au terme d’une nouvelle séance marathon marquée par le départ progressif de plusieurs élus ayant pris d’autres obligations dans l’après-midi, la proposition de la Présidence était acceptée avec une majorité de 11 voix contre 9.
Il va sans dire que cette nouvelle goutte d’eau, ajoutée à celles qui ont déjà depuis plusieurs semaines largement fait déborder le vase, ne doit pas être répandue en pure perte et que, malgré les occupations qui sont les nôtres en cette fin d’année, une réaction aussi massive que visible s’impose, et de manière urgente. Je ne reviendrai pas sur les raisons qui rendent le diktat présidentiel ni acceptable ni même applicable : dans son propre compte rendu de la séance mis en ligne sur le site de la Faculté, Denis Reynaud explique combien il est irréaliste de revoir les services de chacun alors qu’ils ont été si difficiles à boucler, et à quel point l’acceptation de ces mesures serait préjudiciable pour nos intérêts communs (qu’il s’agisse de ceux des étudiants ou des enseignants), pour ne rien dire de l’image déplorable qui en résulterait du point de vue de nos partenaires des co-habilitations.. Je ne peux que vous inviter à protester avec moi devant ce qui ressemble à s’y méprendre à une braderie généralisée des enseignements que nous nous efforçons encore de dispenser, dans des conditions de plus en plus précaires. Il se passe bel et bien toujours quelque chose à la Samaritaine.
Comme l’indique également le Doyen, le Conseil de la Faculté LESLA, qui doit se réunir mardi prochain 1er juin, sera saisi de ces questions. Une proposition en forme d’ultimatum sera alors soumise aux voix : afin de trouver les 2035 heures nécessaires au financement de la 1re année du Master, si l’Université n’accepte pas de puiser dans ses fonds de réserve comme elle a décidé de le faire pour doter les maquettes du M2, nous prévoyons, « la mort dans l’âme et à titre provisoire », pour reprendre les termes de Denis, de supprimer le stage TICE pour les 1200 étudiants de LESLA. Il va sans dire que le Conseil de la Faculté sera aussi invité à refuser de manière inconditionnelle la réduction du volume horaire des TD à 19 heures 30, mesure qui avait, d’après vos réponses, suscité une réprobation unanime.
Je ne peux, pour finir, que vous inviter à apporter votre contribution à la protestation que nous sommes un certain nombre à vouloir faire entendre dans les conseils. Il est d’ores et déjà prévisible que la discussion qui aura lieu au prochain Conseil de la Faculté ne constituera qu’une première étape, et il m’apparaît essentiel qu’un très grand nombre d’entre vous fassent connaître leurs réflexions et leurs suggestions pour nous permettre de nous en prévaloir dans les débats qui s’annoncent houleux avec la Présidence. La messagerie électronique a ceci de pratique qu’elle permet à chacun de « répondre à tous » ; il peut être utile de songer aussi aux bonnes vieilles méthodes « présentielles » : je suis à votre disposition pour trouver avec vous un moment afin de débattre de ce que nous cherchons à obtenir et des meilleurs moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. Je conserve le secret espoir que cette dépense de temps et d’énergie ne s’effectuera pas en pure perte.
Olivier Ferret
