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Réflexions sur la nécessité et l’avenir des PUL

REFLEXIONS SUR LA NECESSITE ET L’AVENIR DES PUL

Contribution de Jean-Yves Debreuille au Conseil scientifique du 23 février 2004

En dépit de leurs imperfections, et des difficultés qu’elles ont rencontrées, les PUL ne sont pas de simples presses d’université. Leur catalogue est riche d’ouvrages relevant de disciplines non couvertes à Lyon 2, dont les auteurs viennent de divers horizons. En témoignent d’ailleurs les manuscrits de toutes origines qui continuent de leur parvenir, dans une confiance maintenue en l’indépendance de leur politique éditoriale. Il y a là un capital de prestige et de pluridisciplinarité rare parmi les presses universitaires, et il faut y réfléchir à deux fois avant de l’abandonner.

Les intituler Presses de l’Université Lyon 2, est les faire disparaître comme éditeur indépendant, pratiquant librement une sélection sur critères scientifiques et éditoriaux. La notion de "validation par l’usage" substituée à celle de validation scientifique va dans le même sens. Elles risquent d’apparaître comme une extension vers l’extérieur du service reprographie de l’Université. On sait d’ailleurs bien - on le constate à propos des équipes de recherche - qu’il est difficile à une université d’évaluer objectivement, en interne, ses propres réalisations.

Les fusionner avec l’édition numérique est leur imposer une contrainte dans laquelle la plupart des éditeurs pourtant autrement importants ont refusé d’entrer, estimant qu’il s’agissait de deux métiers différents, dont la complémentarité n’a jusqu’à ce jour pas été prouvée - excepté pour des procédés techniques tels que le tirage à la demande. Cela ne signifie pas qu’il ne faudrait pas chercher des complémentarités entre le pôle édition numérique de Lyon 2 et les PUL, travailler à des passages de l’un à l’autre, mais cela pourrait tout aussi bien se faire sans démolir l’outil existant.

En matière d’édition papier, et grâce aux facilités qu’ont apportées les nouveaux modes de composition et d’impression, on sait que publier n’est rien, et que diffuser est tout. La diffusion a jusqu’à présent été le point faible des PUL, et le projet actuel n’aborde pas ce point. En matière de livre, les réseaux sont différents de la diffusion électronique, et travailler sur les uns n’améliorera pas les autres. Il faut un véritable projet qui établisse toutes les étapes, de la production à la distribution.

Une politique éditoriale doit être définie par des instances identifiées, reconnues et fiables. Elle repose sur une appréciation fine, et non sur des principes rigides. Par exemple, la résolution de "l’arrêt de la publication papier d’actes de colloque" serait une bonne illustration de critères technocratiques qui se substitueraient à une politique éditoriale. Les actes de colloque peuvent n’avoir qu’un intérêt éphémère, mais nous pourrions tous citer des ouvrages fondamentaux de notre discipline qui étaient au départ des actes de colloque. Il faut en cela du discernement, et c’est là la fonction d’un comité de lecture, qui constitue, quand il est soigneusement choisi, une garantie de validation non seulement en interne, mais aussi vis à vis de l’extérieur. Est-il efficace de renoncer aux avantages d’un éditeur qualifié dédaigneusement de "prestataire de services clefs en main" - sur la place de Lyon ? Si tant est qu’il rende effectivement ces « services » (mais en fait tout n’est pas aussi simple), c’est autant de temps que les chercheurs dont les travaux seront ainsi diffusés gagneront pour se consacrer à leur recherche. C’est aussi les assurer qu’ils toucheront un public plus ample que celui qu’ils sauraient solliciter par leurs propres réseaux. C’est enfin attirer des chercheurs d’autres lieux, qui ne bénéficient pas localement des mêmes facilités, et contribuer ainsi à la constitution d’un de ces « pôles d’excellence » dont on nous assure à juste titre qu’ils sont nécessaires à notre visibilité.

Une solution ne serait-elle pas de s’appuyer sur le capital de notoriété des PUL, sur leur catalogue, et sur l’avance qu’elles ont prise sur la place de Lyon, pour offrir aux autres partenaires du site de s’y associer, en offrant de mettre les PUL au service du PUL (Pôle universitaire lyonnais) pour constituer, selon des modalités juridiques à déterminer, un pôle éditorial au moins sur le site (sans exclure une extension au niveau régional), doté de la compétence scientifique par ses comités de lecture, astreint à l’équilibre financier, et pratiquant une politique de diffusion d’efficacité comparable à celle des éditeurs scientifiques analogues ?

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