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Nouvel article

"CONSEIL DES CFMI Aix-en-Provence – Lille – Lyon – Orsay – Poitiers – Rennes – Toulouse – Tours – Sélestat

Bron, le 7 février 2011

Madame Fabienne PASCAUD
Directrice de la rédaction de TÉLÉRAMA
8, rue Jean Antoine de Baïf
75212 PARIS cedex 13

Madame la Directrice,

Dans son article sur l’éducation musicale en France, intitulé La cacophonie / Télérama n°3186, Monsieur Xavier Lacavalerie oublie de citer un auteur important de cette cacophonie… lui-même, puisqu’il fournit un article fort mal informé, dans lequel il confond, entre autres, Centres de Formation des Musiciens Intervenants (CFMI) avec Centres de formation des maîtres… une erreur que ne font pas les candidats à ces centres, qui trouvent très facilement des informations sur les sites des neuf centres qui maillent le territoire français depuis bientôt… trente ans.

Afin de permettre à Monsieur Lacavalerie de corriger les erreurs de son article, nous nous permettrons donc de lui indiquer que les diplômés qui sortent des CFMI sont profondément inscrits dans le paysage culturel français, et mettent en œuvre quotidiennement et avec efficacité le type d’approche de la musique dont il semble dans son article déplorer l’absence. Monsieur Lacavalerie oublie notamment de mentionner le rapport de la sénatrice Madame Catherine Morin–Desailly sur la mise en œuvre de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Ce rapport du Sénat, qui date de 2008 (et qu’on trouve également très facilement sur Internet), préconise précisément de s’appuyer sur les dumistes, comme on nomme couramment les musiciens intervenants issus des CFMI, pour monter les actions partenariales qui, à en croire Télérama, feraient totalement défaut au système d’éducation musicale français.

Au-delà de cette mise au point, nous voudrions ici exprimer notre agacement devant la posture trop répandue dans les médias, qui consiste à crier haut et fort que rien ne fonctionne, que tout s’effondre. Peut-on rêver que dans ce pays souvent friand de ce genre de lieux communs aux relents populistes, ceux qui font profession d’informer consentent enfin à porter un regard juste et précis sur ce qui, précisément, fonctionne ?

Les responsables des neuf CFMI sont prêts à recevoir les journalistes de Télérama ou d’autres organes de presse pour leur montrer que des centaines de milliers d’enfants de ce pays connaissent grâce au travail des « dumistes » une pratique de la musique qui éveille profondément leur sensibilité en leur faisant prendre conscience de leur créativité.

Vous remerciant de transmettre cette lettre à M. Lacavalerie et espérant votre attention, je vous prie d’agréer, Madame la Directrice, l’expression ébranlée de nos salutations.

Alain DESSEIGNE Président du Conseil des CFMI

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Gérard AUTHELAIN
à

Madame Fabienne PASCAUD
Directrice de la rédaction
TÉLÉRAMA
8 r Jean Antoine de Baïf
75212 PARIS CEDEX 13

Le 4 février 2011


Madame,

Je viens de lire avec effarement l’article rédigé par M. Xavier Lacavalerie sur la musique à l’école. Effarement est d’ailleurs un mot faible, je devrais dire colère à propos d’un papier qui se situe dans le conformisme de pensée le plus éculé et dans l’accumulation de poncifs dont on ne pensait pas qu’une revue comme Télérama pourrait s’en faire l’écho.

Il est bien connu qu’à l’étranger tous les enfants sont musiciens et qu’en France ils sont nuls. Il est de notoriété que les professeurs d’éducation musicale sont incompétents, ou alors qu’ils sont dégoûtés de leur métier. Tout le monde sait que les adolescents ne veulent plus rien faire au collège, qu’ils sont allergiques à tout effort d’apprentissage, qu’ils sont violents, etc. Et on pourrait allonger la liste de griefs : il ne manque pas d’exemples, certes, pour valider un tel diagnostic. Sauf qu’il n’en manque pas non plus, et largement tout aussi nombreux et plus intéressants pour infirmer ces diagnostics de Cassandre. Ne publier qu’un panneau laisse entrevoir la conclusion déjà supposée avant d’arriver au terme, et fait craindre la partialité du regard.

De plus mêler dans une même opprobre l’enseignement musical en collège et celui en école élémentaire est un raccourci journalistique qui rend invalide toute observation : les systèmes ne sont pas les mêmes, les statuts des personnes à qui incombe la tâche ne sont pas identiques, les objectifs non plus. De ce fait les erreurs d’intitulés (par exemple parler de Centre de formation des maîtres alors que M. Vincent Maestracci a très certainement parlé des CFMI – Centres de formation des musiciens à l’école – lesquels auraient mérité plus qu’une allusion erronée) font que l’on soupçonne une certaine approximation dans le travail d’enquête. Suspicion confirmée quand, à propos de la musique à l’école en établissement élémentaire, le seul exemple développé est des Professeurs de la ville de Paris qui justement est un cas particulier relevant de l’histoire, fort intéressant certes, mais occultant la réalité de terrain pourtant invoquée en début de page 28 : des centaines d’initiatives mériteraient d’être citées, débordant le cadre d’un article, mais où l’une ou l’autre auraient pu faire apparaître que l’auteur sait de quoi il parle.

Le plus grave dans cet article (c’est d’ailleurs sans doute l’origine de son indigence) est justement la paresse dont il fait preuve, à savoir la faiblesse de sa documentation. Ne citer comme référence sur le système éducatif que le livre de Jean-Paul Brighelli « La Fabrique du crétin » est le signe de la même posture que la conclusion de l’article de Télérama : « Comme si la France devait éternellement rester ce qu’elle a toujours été dans le domaine musical : le cancre de l’Europe ». C’est un bel exemple de raccourci idéologique ! Un étudiant m’aurait présenté ce travail, j’aurais mis en appréciation : « Bâclé ».

Je ne ferai pas le détail dans cette lettre de tout ce qui mérite d’être corrigé ou contredit, et surtout de la conception des enseignements artistiques de l’auteur où la démarche d’apprentissage est seule évoquée, et non celle de l’initiative partagée avec des organismes aussi divers que l’Orchestre national de Lille ou de Lyon, les Missions Voix d’Alsace ou de Bourgogne, les Conservatoires de tous les départements, les Scènes nationales ou les lieux de diffusion de musiques actuelles, les associations multiples relevant de toutes les esthétiques : la musique à l’école, c’est aussi ce type de partenariat,et pas seulement l’ânonnement des notes de la gamme ou de quelques noms des œuvres célèbres du répertoire.

L’article de M. Lacavalerie, grand reporter, ne sert ni la musique, ni l’éducation, ni le personnel enseignant, ni les responsables de l’éducation et de la pratique musicale auprès des jeunes. Ils n’ont certes pas la tâche toujours facile, mais tous n’en sont ni dégoûtés ni découragés. La majorité d’entre eux se trouve même aimer son travail. Par fonction (la Plateforme interrégionale mène un travail d’information et d’observation sur tout le territoire) je connais un grand nombre de personnes qui auraient pu apporter un autre éclairage : nous sommes plusieurs à nous intéresser de très près à l’avenir de ces enseignements artistiques, notamment parce que les décisions ministérielles (Culture et communication autant que Education nationale) les mettent en péril par les mesures restrictives prises sur les cursus de formation des enseignants.

Je suis entré dans la période où je dois me réabonner à Télérama. Pour l’instant je diffère ma décision jusqu’à ce que sache si l’article de M. Lacavalerie est le dernier mot de la musique à l’école ou si la revue reprendra le dossier de manière un peu plus sérieuse.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes salutations distinguées.

Gérard AUTHELAIN

Président de la Plate-forme interrégionale d’Echange et de coopération pour le développement culturel

parmi les nombreuses réactions qui nous sont parvenues :
Alain DESSEIGNE, directeur du CFMI de l’Université Lumière Lyon 2
André DUBOST, ancien inspecteur général de la création et des enseignements artistiques au ministère de la culture
Margret STUMPFÖGGER, dumiste, directrice du Conservatoire à Rayonnement Communal de Fontaine (Isère), Centre culturel La Source
Jean-Philippe SÉCHAUD, La Source, Fontaine (Isère)
Jean-Claude LARTIGOT, Ancien professeur du CNSMD de Lyon (pendant 23 ans), ancien directeur de l’Agence Culturelle Régionale Rhône-Alpes (NACRe),
Michel RUBAN, ancien enseignant, ancien directeur d’école, ancien inspecteur de l’Éducation Nationale
Yves TESTU, directeur du CFMI de l’Université Paris-Sud 11
Christophe VUILLEMIN, directeur du CFMI de l’Université de Poitiers
Marie-Jo SAURY, chanteuse, pédagogue en retraite, ex-professeure en lycée, collège, école normale, IUFM, CFMI
Pierre HUGON, professeur des écoles, maître formateur, conseiller pédagogique en éducation musicale en Isère , directeur d’école en Dordogne, formateur associé à l’université de Bordeaux IV
Claire-Lise BOSA, professeure des écoles retraitée
CMR, Centre Musicaux Ruraux
FNAMI, Fédération Nationale des Musiciens Intervenants
Valérie PONSOT, IMMAL Institut de Musique des Méthodes Actives de Lyon
Hélène MANTEAUX, musicienne intervenante de la ville d’Oullins (Rhône)
Pascale PAULY, musicienne intervenante de la ville d’Irigny (Rhône)
Nicolas STROESSER, directeur du Conservatoire de Musique et de Danse de Bourg-en-Bresse
Jean DUCHAMP, directeur du Département de Musicologie à l’Université Lumière Lyon 2

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