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Édito
L’éducation, pas la rééducation
Voilà plus d’un an que le CFMI de Lyon s’est installé sur le site du Centre Hospitalier Le Vinatier. Voilà un an que nous inaugurions ce bel outil de travail. Voilà plus de dix ans que le CFMI a noué une fructueuse collaboration avec cette structure très originale et interne à l’hôpital qu’est la Ferme du Vinatier. Ce partenariat qui surprend encore concrétise l’engagement des musiciens intervenant à l’école pour qu’une éducation artistique soit un rendez-vous premier de la construction de tous les enfants et ce, dès leur plus jeune âge ; ceux qui grandissent sans souci et ceux qui grandissent avec des difficultés et des handicaps.
Cette présence d’un établissement universitaire comme le CFMI sur un site hospitalier ne cesse de confirmer qu’entre éducation et santé mentale les croisements sont nombreux et les engagements militants partagés. Cette position d’entre-deux qui est souvent celle de la pratique artistique favorise l’émergence de réponses aux questions tant éducatives que sanitaires ou médicales portées par nos différents partenaires.
Concrètement, le CFMI favorise une culture du partenariat, une culture de l’entre-deux dans la formation initiale ou continue qu’il met en œuvre pour ses étudiants et plus largement pour les professionnels de la musique, de l’éducation et de la santé.
Cette recherche de réponses où l’humain prime sur le statut de la personne, qu’elle soit élève ou patient, est le sens même du travail en profondeur que le CFMI mène dans la posture singulière que ses ministères de tutelle (Culture, Education nationale, Enseignements Supérieurs) ont souhaité lui donner avec un soutien fort des collectivités territoriales à la tête desquelles il faut rappeler la place importante qu’a prise la Région Rhône-Alpes.
Les musiciens intervenant à l’école sont résolument des acteurs de l’éducation. Ils partagent cette conviction que les routes de traverses, les chemins buissonniers, les voies secondaires, les itinéraires de détour, les contournements que permet l’expérience artistique, participent à la construction intellectuelle, sensible et citoyenne des enfants et des jeunes. Ils partagent cela avec les enseignants des écoles primaires qui comme eux savent que tout doit être misé sur l’éducation avant d’envisager la rééducation. Car cette dernière signifie parfois que nous avons failli dans le temps de décollage des enfants qui nous sont confiés.
C’est un beau programme pour l’année que nous entamons et que je vous souhaite la plus fertile possible.
Alain Desseigne
Septembre 2010
L’ambition néant 