Accueil »  Musicologie / »  CFMI »  Archives »  Editoriaux

07 - septembre 2009

Les CFMI : une philosophie en action entre musique, éducation, école et formation professionnelle.

2009, une année qui déménage : tel était notre souhait en début d’année

2 octobre 2009, l’inauguration des nouveaux locaux du CFMI : l’occasion de transformer l’essai des 25 années qui constituent notre histoire partagée et qui donnent sens à l’exercice de notre profession, l’occasion de redire ce qu’est un CFMI dans sa dimension philosophique.

Les Centres de Formation de Musiciens Intervenant à l’école (CFMI) sont nés, il y a 25 ans, d’un projet politique fondé sur une utopie, un idéal et des convictions. Au moment où j’écris cet éditorial, les CFMI sont en train d’examiner, maintenant que 4000 musiciens intervenant à l’école sont sortis diplômés des neuf centres de formation, si les valeurs fondatrices, confrontées à la réalité, ont résisté et restent le socle des mises en œuvre des plans de formation élaborés par les responsables des CFMI. C’est cette analyse a posteriori, forte des expériences engrangées au fil de plus de deux décennies, qui peut prendre le nom de philosophie. Elle donnera lieu à une publication dans l’esprit du référentiel de compétences du musicien intervenant à l’école.

Une utopie : Faire en sorte que tous les enfants de France scolarisés en primaire puissent pratiquer la musique dans leurs écoles en l’inscrivant dans la richesse d’un territoire

Un idéal : A l’école, les enfants doivent être initiés à des formes d’expression et à des langages différents au-delà du fondateur « lire, écrire, compter » comme facteur d’émancipation et de singularité

Des convictions :
. L’éducation artistique, musicale et culturelle, dans le contexte de la France au regard de l’histoire de ses institutions, doit être une affaire partagée entre ministères notamment ceux de l’Education nationale, des Enseignements Supérieurs et le ministère de la Culture et de la Communication d’une part, et d’autre part entre Etat et collectivités territoriales
. Le pari sur la formation de nouveaux acteurs professionnels appelés les musiciens intervenant à l’école et que les employeurs reconnaissent sous le nom de « dumistes » du nom de leur diplôme : le Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant à l’école
. La création de lieux de formation interministériels que sont les Centres de Formation de Musiciens Intervenant à l’école avec mission d’inventer un modèle de formation qui joue sur la dialectique entre programme et projet en prise directe avec la création contemporaine, gage d’une permanence des remises en question évitant le risque d’une forme de sclérose instituée.

Des maître-mots : la confiance et le compagnonnage
Les ministères de tutelle des CFMI, en plaçant ces établissements au cœur des universités, ont délivré a priori un brevet de confiance aux équipes de responsables nommés dans ces centres. Cette confiance permet aux CFMI d’être à la fois autonomes et maîtres d’œuvre des formations et surtout des évolutions qu’ils décident d’instiller dans les parcours proposés aux étudiants. Cette confiance est exigeante car les formateurs permanents sont véritablement responsables des décisions prises.
Cette confiance est à la base des rapports entretenus entre les musiciens en formation et l’équipe éducative des CFMI dans la poursuite d’un idéal partagé qui fait sens pour les acteurs quelque position qu’ils occupent dans l’organigramme : formateurs ou formés dans une interpénétration des deux statuts qui donnent lieu à ce qu’il convient d’appeler le compagnonnage.
Cette confiance perdure, à l’issue de la formation au CFMI, avec les « dumistes » en situation professionnelle.

Le théâtre de la formation : unité de temps, unité de lieu
Ce jeu de mot renvoie à l’assurance que l’identité musicale, artistique et professionnelle ne peut émerger et se révéler chez les jeunes musiciens en formation que, seulement, si elle est sollicitée et interrogée dans une unité de la formation éloignée d’un morcellement et d’un « taylorisme » des temps de formation. La formation pensée dans sa globalité est gage d’une cohérence et d’une solidité des acquis des étudiants et elle fait obligation aux responsables de prendre la responsabilité de l’accompagnement des transferts entre formation artistique, formation pédagogique et formation professionnelle. Elle est porteuse aussi d’une capacité d’ouverture sur les autres modes d’expression artistique.

Reprenant les propos du Petit Prince : « dessine-moi un mouton », il nous semble que la lecture du document que vont publier les neuf CFMI devrait permettre au lecteur de repérer les mots clés qui définissent la philosophie en action dans les CFMI. C’est, à notre tour, faire confiance aux lecteurs avisés que vous êtes dans votre capacité à lire entre les mots et espérer que vous vous y retrouverez.

Les CFMI : une philosophie de la confiance au service d’un idéal. On vous attend nombreux, le 2 octobre à 16 heures, pour confirmer cet engagement en amitié et en musique !

Alain Desseigne - directeur

Portails :