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Réunion avec M. Mohammed Bayyoud – directeur du CPR

Rabat
Centre Pédagogique Régional
Section musique

lundi 26 mars 2007

Réunion avec M. Mohammed Bayyoud – directeur du CPR, en présence de M. Gérard Authelain – Président des éditions Mômeludies et fondateur du CFMI de Lyon, Mme Anne-Marie Bastien – Directrice adjointe du CFMI de Lyon, M. Alain Desseigne – Directeur du CFMI de Lyon, M. Stéphane Le Fur – Attaché de coopération pour le français de l’Institut Français de Rabat, M. Michel Ruban – Inspecteur de l’Education Nationale pour les écoles primaires en France, Mme Marie-Jo Saury – Directrice Honoraire du CFMI de Lyon

Un point par le directeur du CPR

M. Bayyoud aborde de nombreux sujets touchant à la formation d’une façon générale et à l’éducation musicale de façon plus particulière en distinguant l’école primaire et le collège :

La formation des professeurs d’éducation musicale de collèges
Le CPR de Rabat est le seul lieu d’enseignement du Maroc qui assure la formation des futurs professeurs d’éducation musicale des collèges. Depuis plusieurs années, le Ministère de l’Education Nationale crée, chaque année, un nombre important de postes budgétaires de professeurs d’éducation musicale (ce nombre est monté jusqu’à 100). Ainsi depuis 1993, 500 professeurs d’éducation musicale sont sortis diplômés du CPR. Si pendant quelques années, le CPR a recruté une centaine d’étudiants par an, depuis deux ans, le CPR préfère recruter moins d’étudiants mais des étudiants qui présentent un niveau musical suffisant. Ainsi, pour l’année scolaire 2006/2007, alors que 80 postes sont créés par le Ministère, le CPR a sélectionné 26 étudiants qui constituent la promotion de 1ère année.

Les musiciens qui suivent la formation du CPR sont issus principalement des conservatoires. Ils présentent un profil de musicien et de praticien de la musique. M. Bayyoud constate qu’ils ne sont pas très intéressés par le domaine de la pédagogie et des Sciences de l’Education et du coup, ne s’investissent pas vraiment dans les stages pratiques. M. Bayyoud regrette, par ailleurs, le peu de temps consacré aux stages pratiques sur le terrain de l’école. En conséquence, on constate un taux d’absentéisme important dans la section musique.

Le programme de la section musique est en cours de structuration et doit poursuivre dans cet effort de rendre les enseignements plus organisés. En effet, l’absence d’un enseignement supérieur de la musique au Maroc a une influence sur le cursus de formation des étudiants en musique au CPR. En effet, pour les autres disciplines, un cycle général est mis en place qui est structuré ainsi : baccalauréat + DEUG + une année de formation. Les futurs professeurs d’éducation musicale suivent un cycle pédagogique : baccalauréat + 2 années de formation au CPR. Le directeur du CPR souhaiterait que la formation des professeurs d’éducation musicale s’aligne sur le cycle général comme pour les professeurs des autres matières.

La formation continue des professeurs du primaire : une réponse pour que l’éducation musicale soit intégrée au programme de l’école primaire
M. Bayyoud fait état de modules de formation mis en place pour les directeurs de collèges, de lycées, des directeurs d’études et des surveillants généraux récemment nommés. Il pense que ce modèle de formation d’une durée de 150 heures – réparties sur 2 jours par semaine (vendredi et samedi) sur 4 mois) pourrait s’appliquer à l’éducation musicale. Ainsi, les professeurs du primaire pourraient recevoir une initiation musicale pour leur permettre de conduire des séances d’éducation musicale dans leurs classes. Il rappelle qu’il ne faut cependant pas oublier que les instituteurs sont des enseignants généralistes.

M. Bayyoud prononce une jolie formule : la musique n’est pas obligatoire à l’école primaire mais elle n’est pas interdite !

M. Bayyoud croit aux bienfaits d’une éducation musicale qui dépasse le seul cadre des apprentissages musicaux. Il rappelle d’ailleurs que dans la tradition arabo-musulmane, on apprenait tout en musique en faisant référence au poème à 1000 vers. Il regrette que le statut de la musique à l’école soit encore de la situer du côté des activités para-scolaires.

La charte et la formation des instituteurs en éducation musicale
M. Bayyoud croit que la charte peut être un facteur important de l’avancée de l’éducation musicale à l’école primaire. En effet, il nous apprend que la charte comprend trois volets : 1. les curricula
nationaux (70%) 2. les curricula régionaux (15%) 3. les curricula locaux (15%). Il est persuadé que les curricula régionaux et locaux permettront de prendre des initiatives qui pourront faire avancer le dossier de l’éducation musicale à l’école. M. Bayyoud fait état du Festival des Nomades dans lequel il est très investi et qui lui paraît très représentatif de ces possibilités de prises d’initiatives locales que permet la charte.

Le colloque de mai 2007
Un colloque traitant des différentes questions esquissées dans les paragraphes précédents est programmé pour le printemps.

Quelques pistes de réflexion par le directeur du CFMI

La formation continue des professeurs du primaire appelés professeurs de écoles en France
M. Desseigne souligne qu’en France, la formation continue des professeurs des écoles privilégie la dimension du partenariat. La formation, depuis plus de 20 ans, de professionnels : les musiciens intervenant à l’école « dumistes » c’est-à-dire titulaires du Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant à l’école (DUMI) favorise la conception de stages de formation qui visent à faire travailler ensemble le professionnel de la pédagogie qu’est le professeur des écoles et le professionnel de la musique qu’est le musicien intervenant.

Les professeurs d’éducation musicale : des intervenants pour l’école primaire au Maroc ?
Beaucoup de professeurs d’éducation musicale des collèges marocains travaillent dans des écoles primaires privées. Il y a là certainement une piste à creuser pour accompagner ces professionnels de la musique que sont les professeurs d’éducation musicale des collèges à développer des actions musicales à l’école primaire marocaine qu’elle soit privée ou publique.

Les professeurs d’éducation musicale, conseillers pédagogiques : un vivier de formateurs de formateurs pour les centres de formation d’instituteurs (CFI)
En tout état de cause, la piste d’une formation continue en musique des professeurs de primaire pourrait s’appuyer sur des cadres de formation que sont les professeurs d’éducation musicale devenus conseillers pédagogiques. Le projet Mômeludies de mars 2007 confirme qu’il y a là un chemin à prendre qui valorise ces professeurs d’éducation musicale des collèges comme des formateurs de formateurs.

L’apport spécifique du CFMI

Le CFMI qui est un établissement universitaire interministériel (Culture et Education Nationale) a acquis, depuis 20 ans, une véritable compétence et une qualité d’expertise en matière de conception d’actions de formation musicale qui savent s’adresser à des publics croisés : professeurs des écoles/musiciens intervenant à l’école/ professeurs des écoles de musique/ professeurs d’éducation musicale des collèges. Cet établissement est opérationnel pour traiter de sujets se rapportant à l’éducation musicale des enfants à l’école et concevoir des actions de formation qui mêlent les professeurs du primaire et les professeurs d’éducation musicale, de lettres …

Un échange franco-marocain entre étudiants du CPR et étudiants du CFMI

M. Desseigne remercie M. Bayyoud d’avoir pris en compte le temps de formation des étudiants du CPR en stage dans les écoles primaires au cours du projet Mômeludies. Cette décision a permis d’intégrer complètement au cursus de formation des 20 étudiants du CPR retenus pour le projet Mômeludies, la dimension du stage pratique dans les écoles primaires. Le CFMI croit beaucoup à cette formation en alternance entre cours et stages pratiques sur le terrain des écoles. M. Bayyoud a ajouté que, pour lui, la vérification des compétences pédagogiques pouvait s’effectuer tant avec des élèves de l’école primaire qu’avec des élèves de collèges ou de lycées. Il n’y a pas, de son point de vue, de changement de nature de ces compétences, qu’elles s’appliquent avec des élèves de niveaux de scolarité différents. C’est pourquoi, il ne lui pas été difficile d’intégrer le projet Mômeludies concernant des enfants de l’école primaire au processus de validation des compétences pédagogiques des étudiants associés à Mômeludies.

Il serait très bénéfique que les étudiants marocains puissent vivre cette même situation de formation dans les écoles primaires françaises. Il y a lieu de réfléchir à concevoir un échange qui permette cet approfondissement en permettant la découverte réciproque des deux pays : le Maroc et la France. Des contacts ultérieurs notamment avec le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France ont permis d’envisager quelques pistes pour donner corps à ce désir d’échange : cf compte rendu de la rencontre avec Jean-Michel Cavalier, Attaché de Coopération pour le français.

M. Bayyoud a fait savoir au CFMI que, dans le cas d’un échange futur, il pouvait mettre à disposition des étudiants français un lieu d’hébergement sur le site du CPR. Il souhaite que quelques travaux de remise au propre et aux normes soient effectués sur ce bâtiment.

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