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Bilan de Michel Ruban - Inspecteur de l’Education Nationale, chargé d’une mission « art et culture » pour le département du Rhône
Michel Ruban
Inspecteur de l’Education Nationale
chargé d’une mission « art et culture » pour le département du Rhône
Bilan du voyage d’étude du CFMI de Lyon
avril 2007
Premières impressions, du côté du ressenti :
J’ai été surpris par la rapidité avec laquelle les différents groupes se sont trouvés et ont travaillé ensemble.
Bien sûr des conditions favorables :
. la préparation au long cours de cet échange sur des objectifs explicités clairement
. la musique comme lien social
Malgré cela, ce qui a été assez formidable :
L’accueil au CPR, à l’institut Français, à l’Académie de Rabat
L’engagement des étudiants du CFMI et du CPR ( l’animation de deux séances de musique dans les classes a été un temps fort de prise de risque et d’émotions)
L’engagement des élèves de l’école des Oudayas
L’implication des enseignants et du directeur de cette école
La qualité musicale.
D’autres éléments relèvent d’observations plus professionnelles .
Des éléments d’analyse concernant la formation professionnelle :
Ce voyage d’étude a été conçu et conduit comme faisant partie intégrante de la formation professionnelle du CFMI et du CPR. Alors que l’on est souvent du côté de l’ouverture culturelle, de la sensibilisation dans ce type de projet.
Cette dimension culturelle est essentielle - Grandir comme cela a été dit à un bilan, s’ouvrir à soi, aux autres, au monde,
- Intéret pour des dumistes, des enseignants d’être partie prenante de cet échange pour ensuite intervenir auprès d’enfants et de familles d’une autre culture. Les écoles ont été ici choisies avec pertinence.
Mais ce projet avait une seconde ambition bien visible dans le pilotage de l’équipe du CFMI : former à des compétences professionnelles, à un métier.
Si on considère qu’une compétence n’est ni transmise, ni acquise mais construite dans et par l’activité en situation professionnelle et contextualisée.
J’ai mieux compris :
1 – L’intérêt de lancer les étudiants dans la co-animation de deux séances d’éducation musicale - prise de risque maximale, beaucoup d’inconnu mais situation professionnelle réelle.
Pour Philippe Perrenoud, la définition de l’expertise « agir dans l’urgence et décider dans l’incertitude ». Ceci a été vécu par les formateurs dans la mise en place du concert.
Les limites :
Consacrer du temps au bilan après l’action, individualiser le regard et les constats, ajuster et reprendre.
Ce qui s’est passé dans ces séances a été inévitablement très différent d’un groupe à l’autre et impossible à traiter vraiment dans le cadre de la semaine.
2 – La forme du concert, sa conception, sa préparation, son déroulement.
La question a été pour moi, pourquoi chercher autant la complexité ?
Un exemple, le programme impose des déplacements, des arrivées et sorties de deux fois 20 musiciens et de 140 enfants présents sur scène selon des dispositifs mouvants, une classe, deux classes, deux autres classes, tous ensemble.
Mais c’était oublier la philosophie du CFMI : « faire reconnaître la pratique musicale des enfants scolarisés en primaire comme une véritable pratique artistique amateur ». J. M. Cavalier, attaché de coopération à l’Institut Français, à la fin du concert, dira sa surprise devant la prestation des musiciens et des enfants et la qualité de la musique produite.
Malgré cet enjeu fort (le concert devait être un succès), les principes pédagogiques sont restés les mêmes :
. des espaces de prise de décision, ne pas tout cadrer, laisser des problèmes se poser et s’inventer des solutions.
. éviter le modèle chef d’orchestre/exécutants - co-animer, responsabiliser, laisser de l’initiative, de la créativité .
Concernant le métier de musicien intervenant à l’école :
Une leçon – comment laisser toute sa place à l’enseignant, à l’équipe pédagogique ?
Les enseignants avaient une mission, apprendre les chansons en français à leurs élèves. Puis, ils ont été partie prenante dans le guidage des chants. On a vu là les positions évoluer ; les institutrices apprenant au contact des formateurs du CFMI et assumant leur fonction le soir du concert.
Ceci amène deux questions :
. L’une concerne les enseignants et la nécessité de formation même si un dumiste intervient. Cf le geste ample soufflé à Zoubida par Marie-Jo. Le regard porté sur les productions des enfants valide la fonction du dumiste.
. L’autre, les élèves. On a pu voir des enfants n’entrant pas dans la pratique musicale – surtout lors des séances d’éducation musicale – ou laissés de côté. Ceci plaide pour un enseignement musical obligatoire à l’école.
Une leçon pour les élèves – sans doute plus nette en France qu’au Maroc.
Le rapport à l’effort, à la rigueur, à la reprise.
Montrer la part de travail pour aller au bout d’un projet.
La place de l’intervenant à l’école reste en débat.
1 – Mais, le cahier des charges de la formation des enseignants a évolué.
Place relativement importante occupée par la dimension école, les activités avec d’autres partenaires (la dimension classe est moindre).
Compétence 9 : travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école
Le professeur des écoles est capable d’inscrire sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école, notamment dans le domaine de l’éducation artistique et culturelle par la connaissance des principaux partenaires ( professionnels et établissements relevant du ministère chargé de la culture, collectivités territoriales, associations)
Compétence 10 : se former et innover
2 – Le socle commun des connaissances et des compétences : les pratiques artistiques et culturelles y retrouvent une place. L’une des sept compétences clés concerne l’autonomie et l’initiative qui conforte une pédagogie « ouverte ».
3 – Le rapport du Haut Conseil à l’Education Artistique et Culturelle reconnaît la place et le rôle des intervenants et du partenariat.
CR de l’audition de V . Bouysse, IGEN :
Avantages et inconvénients des interventions extérieures
Il est nécessaire d’accompagner et de former les enseignants pour qu’ils puissent pleinement jouer leur rôle en préparant la venue des intervenants et en utilisant ultérieurement le « savoir et le faire » qu’ils ont apporté en les mobilisant de façon différente.
Conclusion du rapport :
Cette inflexion – formation des maîtres développée – devrait être aussi prise en compte lors des partenariats entre enseignant et intervenant extérieur ; il est nécessaire que ces partenariats n’aient pas pour seul objectif une réalisation artistique au sein de la classe, mais constituent une coopération entre l’enseignant et l’artiste en vue de transmettre un savoir aux élèves. Il faut qu’ils soient complémentaires des connaissances délivrées par l’enseignant, tout en prenant appui sur les compétences de l’intervenant extérieur.
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