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Retour de quelques étudiants sur le voyage du CFMI au Maroc

Retour de quelques étudiants

sur le voyage du CFMI au Maroc

Ayant été quelques uns de la promotion à avoir vécu le voyage de façon assez similaire, nous avons décidé de faire un écrit pour vous exprimer nos ressentis.
Nous nous sommes sentis engagés dans un projet de grande ampleur, projet qui mettait en jeu de nombreux éléments, dont notre promotion sur la dernière ligne droite. Nous avons été très heureux de rejoindre ce projet et nous reconnaissons le travail énorme qui a été fourni antérieurement à notre participation. Malgré la proportion gigantesque que prenait le projet, celui-ci s’est terminé avec succès avec la réussite du concert.

Le voyage de fin de formation nous a permis de vivre le choc culturel du Maghreb, notamment en nous ouvrant une fenêtre sur les écoles, lieu peu accessible dans d’autres situations. Mettre un pied dans les écoles, que ce soit dans celle des séances ou celle des Oudayas fut une grande découverte pour nous. Nous y avons vu des enfants pleins de vie, d’une énergie incroyable, donnant tout d’eux-mêmes, et avons pu y observer des moments de musique menés par et avec les étudiants du CPR.

Ce voyage est aussi l’occasion de faire vivre un temps fort pour la promotion lors de la formation, de resserrer les liens entre les étudiants pendant une période où l’ambiance de groupe s’essouffle un peu. Nous avons été très heureux de nous redécouvrir dans un autre cadre que celui des locaux du C.F.M.I.
Malgré ce plaisir de jouer collectivement un répertoire commun, nous – les quelques qui s’expriment – nous sommes sentis relativement détachés du projet et faiblement investis émotionnellement. Nous avons réfléchi aux raisons qui ont pu créer ce sentiment, au delà de la réussite du concert.

De notre position d’étudiants en fin de formation qui ont fait avec le C.F.M.I. un voyage qu’ils savent unique, nous restons sur une frustration de la rencontre humaine et musicale avec les enfants des Oudayas.
Nous avons l’impression que les trois entités musicales ne se sont pas imbriquées. Du fait que chacun avait un rôle musical défini et préalablement travaillé, il nous a manqué le risque d’être indispensables les uns aux autres pour être davantage engagés dans le projet concert. Quelle image ont gardée les enfants de nous, ne sommes-nous pas restés la matérialisation humaine d’un enregistrement midi ?

Restant sur notre faim quant à la rencontre et après un an et demi de formation au C.F.M.I., participer à la démarche de travail du projet Maroc soulève des réflexions d’étudiants en formation qui auront à organiser des concerts d’enfants.

Le premier point est sûrement la question de l’appropriation du répertoire proposé. Sans doute par manque de temps et par souci d’efficacité, nous avons travaillé sur partition et arrangements fournis, fait assez nouveau pour nous au C.F.M.I.
Nous avons ressenti un manque de clarté quant à l’appropriation et l’autonomie, dans cet entre-deux de liberté musicale (direction artistique floue lors de la semaine au Maroc ?) et partition fixée.
Quant aux intermèdes, travail nous ayant demandé un fort investissement (sûrement utile par ailleurs), l’information qu’ils seraient coupés ou supprimés n’était pas passée, ceci ayant véhiculé beaucoup de déception.

Certains points vécus assez difficilement pendant la semaine de répétition du concert nous ont permis de soulever quelques problématiques du point de vue des acteurs/musiciens d’un spectacle. Ceci à mettre en parallèle avec notre propre projet de stage et le spectacle d’enfants que nous aurons très prochainement à organiser :
- les musiciens ont besoin d’un référent unique.

- un moment fédérateur, promoteur d’envie de travailler ensemble et de passer la journée sur le même plateau s’impose. Ce temps d’échauffement n’est pas du temps perdu quand il s’agit de donner à tout le monde pour la journée la conscience et le plaisir d’être ensemble.


Peut-être ce bilan vous apparaît-il très négatif de notre point de vue. Il nous semblait important de vous communiquer nos impressions durant ce voyage et certaines de nos frustrations. Ceci tout en gardant à l’esprit l’intérêt d’un tel projet de voyage au Maroc, que les promotions futures auront peut-être la chance de vivre.

Nous espérons qu’après les énormes efforts faits de votre part pour que l’on se sente bien dans ce projet, cette lettre ne remet pas en question l’utilité d’une telle action et exprime le ressenti de quelques étudiants d’une promotion donnée quant à son voyage de fin d’études.

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