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Réflexions croisées des étudiants français du CFMI de Lyon et des étudiants tunisiens de l’ISM de Sfax

Réflexions croisées
des étudiants français du CFMI de Lyon
et des étudiants tunisiens de l’ISM de Sfax
sur les stages dans les écoles primaires

à l’issue de leur séjour à Lyon
(13 au 17 mars 2006)

Une simplicité de relation

On redira ici ce qui a été exposé lors de la réception officielle du mercredi 15 mars notamment en présence du Consul Général Adjoint de Tunisie à Lyon : le CFMI a constaté une grande simplicité et une grande sérénité avec laquelle s’est instaurée la relation de travail entre les étudiants français et tunisiens. L’apprentissage conduit par l’étudiant français d’une chanson en arabe aux enfants français a été révélateur de ce climat de confiance qui s’est installé dès les premières minutes de la semaine de rencontre entre les deux promotions d’étudiants.

Les stages pratiques

Deux journées au cours de la semaine (mardi et vendredi) ont été consacrées aux stages dans les écoles primaires des Régions Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté. Cet accent mis sur les stages pratiques a été décidé conjointement par les responsables de l’ISM de Sfax et du CFMI de Lyon. Il correspond à la mise en œuvre par M. Ridha Ben Mansour, en accord avec la direction de l’ISM de Sfax, de stages pratiques dans les écoles primaires de Sfax pour les étudiants de 3ème et 4ème année sur un modèle qui rejoint celui qui a cours au CFMI de Lyon.

Une co-animation réussie

D’une façon générale, la co-animation franco-tunisienne de séances dans les écoles primaires a bien fonctionné. Chacun des deux étudiants français et tunisiens a su trouver sa place pendant le temps de la séance et de présence devant les enfants. Des étudiants tunisiens ont remercié les responsables du choix judicieux des doublettes.

La préparation de séance à l’écrit

Plus difficile a été de partager vraiment le temps de préparation de séance. L’étudiant tunisien a souvent laissé l’étudiant français faire des propositions en acquiesçant soit par politesse, soit par inexpérience. L’obstacle de la maîtrise de la langue française a certainement participé aussi à cette réserve observée chez certains étudiants tunisiens.

La qualité d’accueil

Les étudiants tunisiens ont souligné la qualité d’accueil, d’une façon générale, tant du côté des enfants que des enseignants dans les écoles des lieux de stage. Ils redoutaient notamment d’avoir des difficultés pour communiquer à cause de leur maîtrise, pour certains, approximative de la langue française.

Ce travail dans les classes a permis aux deux promotions d’étudiants de faire les constats suivants :

. sur l’enseignement en général dans les écoles primaires en France

1 - La relation élèves/enseignants Une forme de proximité de relation a été soulignée en même temps qu’un appel assez permanent à l’expression personnelle des enfants. Les étudiants tunisiens ont relevé que ce type de relation n’était pas développé de la même façon dans les écoles en Tunisie.

2 - Les conditions de l’enseignement à l’école primaire Le nombre d’enfants par classe (environ 25 enfants) et la taille des espaces dans lesquels évoluent les enfants ont été les deux points relevés.

3 - La scolarisation des enfants à l’école maternelle Les étudiants tunisiens ont été très intéressés de pouvoir intervenir dans ce cadre de l’école maternelle. C’était la première fois pour l’ensemble de la promotion. Ils ont trouvé qu’intervenir avec des petits enfants (2 à 5 ans) nécessitait de développer de nouvelles compétences et qu’il fallait se transformer. L’étudiant français a fait découvrir, lors de ces interventions en maternelle, de nombreux jeux et dispositifs musicaux dont l’étudiant tunisien ne soupçonnait pas l’existence.

4 - L’enseignant de la classe et la séance musicale Les étudiants tunisiens ont été surpris de constater combien l’enseignant de la classe était partie prenante de l’activité musicale conduite par les deux étudiants. Ils ont remarqué sa participation active et le rôle positif que cette attitude jouait auprès des enfants.

. sur les enfants scolarisés

1 - La capacité de mémorisation des enfants français leur a paru moindre que celle des enfants tunisiens

2 - La capacité rythmique des enfants français leur a paru en retrait de celle des enfants tunisiens

3 - la grande inventivité des enfants français sollicitée par l’étudiant français a été remarquée par les étudiants tunisiens

4 - la bonne maîtrise du chant en canon par les enfants français

. sur la construction des séances musicales par l’étudiant français

1 - La forme de la séance musicale qui prévoit une entrée et une sortie musicale

2 - La prise en compte de l’espace qui se concrétise aussi par l’absence de chaises et de tables

3 - La prise en compte du corps qui donne lieu à des temps d’échauffement corporel en début de séance

. sur le contenu et les modalités pédagogiques des séances musicales

1 - La répétition : c’est le mode de transmission privilégié par les étudiants tunisiens. Il vient un peu en contradiction avec la recherche par les étudiants français d’une multiplicité de modes de transmission qui varient au cours des apprentissages musicaux conduits dans une séance musicale.

2 - Les corps sonores : la prise en compte de ces corps dans une éducation musicale a étonné les étudiants tunisiens. Ils renvoient à une culture de référence qui est tournée vers la création musicale occidentale contemporaine qu’il y a lieu de construire tant pour les enfants et leurs enseignants que pour les étudiants.

3 - Les apprentissages rythmiques : la différence de culture fait apparaître combien rythme et mode mélodique sont intrinsèquement liés dans la mémorisation des musiques tunisiennes. Il y a là quelque chose de tout à fait intéressant à observer qui peut donner à réfléchir du côté des étudiants français pour concevoir autrement les séquences d’apprentissage musical où le rythme est central.

4 - L’imprégnation des modes musicaux : la manière dont les étudiants tunisiens font entrer préalablement dans le mode de la chanson que l’on va chanter doit pouvoir être utilisée pour des apprentissages de chansons françaises.

5 - L’acharnement pédagogique : il faut savoir, par moment, lâcher un apprentissage qui bloque pour passer à autre chose. Le simple fait d’opérer un détour par d’autres activités permettra de revenir plus disponible et plus sereinement sur l’apprentissage musical dans lequel les enfants rencontrent des difficultés.

6 - La direction : c’est une préoccupation qui semble peu toucher les étudiants tunisiens ; en effet, ils recourent peu à des techniques de direction pour faire partir les chants qui, de fait, constituent le terreau culturel des enfants et qui « partent » tout seul. Le recours à la direction est une préoccupation des étudiants français.

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