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Motion des enseignants de Lesla sur la loi LRU

Dans le cadre de la Faculté LESLA, les enseignants, enseignants chercheurs et personnels administratifs dont le nom figure ci-dessous déclarent :

1. La Conférence des Présidents d’Université ne représente pas notre position.

2. Nous n’avons pas été associés à la discussion de la loi alors que nous constatons la nécessité d’une réforme de l’Université et que nous souhaitons y participer.

3. Nous exprimons une opposition catégorique aux orientations principales de la loi LRU dont nous demandons l’abrogation.

4. La loi instaure des déséquilibres
- au sein de l’université du point de vue de l’exercice du pouvoir
- au sein du territoire national avec une inégalité des universités
- parmi les personnels de l’Université entre des statuts de contractuels et des statuts de fonctionnaires et selon les modulations internes des services. 5. L’introduction du financement privé risque de remettre en cause le service public et l’indépendance scientifique et pédagogique de l’université. 6. En l’absence de tout contre-pouvoir formulé dans la loi (CS et CEVU rendus inopérants), le risque est grand d’une concentration des pouvoirs dans les mains du président et du CA :
- les orientations scientifiques et l’évolution de l’offre de formation d’une université peuvent dépendre du seul président.
- la dérèglemention des statuts par la gestion locale et l’individualisation des services et des rémunérations sont préoccupantes. L’attribution des primes et l’évolution des carrières vont dépendre de la masse salariale globale de l’université et du bon vouloir du président.

7. Les recrutements d’enseignants chercheurs seront assurés par des comités de sélection pouvant ne pas être composés des seuls spécialistes donc sans garantie de légitimité scientifique.

8. La dévolution des biens mobiliers et immobiliers à l’université expose à des problèmes de gestion et à des inégalités territoriales.

9. Le caractère très aléatoire du financement privé - ordonné à l’utilité économique immédiate - fragilisera dans l’université française certaines filières, et particulièrement des filières de sciences humaines, dont l’utilité est autre qu’économique.

10. Nous réaffirmons qu’une des missions de l’université est de dispenser la culture et d’enseigner l’exercice de l’intelligence au-delà de la simple employabilité.

Signataires

LETTRES : Sarah Al Matary ; Pascale Brillet-Dubois ; Yannick Chevalier ; Michèle Clément ; Laetitia Dion ; Jocelyn Dupont ; Audrey Duru ; Olivier Ferret ; Agnès Fontvieille ; Bruno Gelas ; Delphine Gleizes ; Laurence Hidani (secrétariat) ; Edwige Keller-Rahbé ; Marie-Karine Lhommé ; Hervé Micolet ; Serge Molon ; Anne-Marie Mortier ; Christine Planté ; Marylèn Possamaï ; Merete Stistrup-Jensen ; Emmanuel Naya ; Souhila Redjimi (secrétariat) ; Onda-Marina Simond (antenne financière) ; Chantal Verchère ; Aude Volpilhac ; Philippe Wahl.

ASIE : André Emmanuelle, Barnier Martin, Bost Bernadette, Fontanel Rémi, Foucher Nicole, Gaillard François, Gerstenkorn Jacques, Joschke Christian, Losco-Lena Mireille, Palazzolo Claudia, Roche Roger-Yves, Roger Philippe, Venchéri Luc.

SCIENCES DU LANGAGE : Robert Bouchard, Hugues de Chanay, Bruno Martinie, Sylvain Patri, Sylvianne Remi-Giraud, Véronique Rivière, Lolke Van Der Veen, Denis Vigier.

MUSICOLOGIE : Isabelle Bretaudeau, Jean Duchamp, Denis Le Touzé, Jacques Pandelakis, Irène Nazarian, Gérard Streletski.

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