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Réunion débat à la faculté LESLA
Une réunion a rassemblé étudiants et enseignants de la faculté LESLA sur les quais mardi 20 novembre de 15h à 17h. Les personnels administratif se sont fait excuser, pour raison de grève ou de travail à Bron. Cette réunion a été l’occasion d’échanges nourris et ouverts entre les participants, qui n’avaient pas tous la même position sur les différents points mis au débat.
Le premier point abordé concernait la situation de l’université Lumière-Lyon2, avec un débat sur le blocage décidé par les AG étudiantes et sur la fermeture administrative décidée par la présidence. A été en particulier abordé la question du vote électronique, décidé par la présidence pour la journée de mercredi. L’assemblée s’est majoritairement prononcé contre ce mode de vote, jugé à la fois prématuré et inutile, voire pour certains illégitime ; elle demande un vote à bulletin secret, organisé dans les composantes, avec présence des étudiants votants, sur une double question :pour/contre la reprise des cours, pour/contre la loi Pécresse. Cette dernière proposition ne recueille pas l’assentiment de tous, et sont soulignés les risques graves d’isolement de Lyon2 dans le pôle lyonnais. Les étudiants ont également demandé l’ouverture de la bibliothèque universitaire, des salles informatiques et des secrétariats. Les enseignants souhaitent que les cours de concours puissent reprendre jeudi. N. Fournier s’est engagée à faire état de ces propositions et demandes auprès de la présidence.
Le second point abordé concernait la loi « Libertés et Responsabilités des Universités », dite « loi Pécresse ». L’assemblée s’est montré majoritairement hostile à cette loi ; elle y dénonce une remise en cause du statut de la fonction publique et du service public, l’absence d’engagement de financement des filières Humanités, le risque d’universités à deux vitesses et la remise en cause de l’éducation nationale. Il est souligné que le problème crucial est celui du financement : quel engagement la nation prend-elle dans le financement des filières Humanités, qui ne sont pas rentables pour les entreprises ? Est également soulignée la concentration des pouvoirs dans les mains du président, ainsi que les craintes qui en découlent quant à la gestion démocratique de l’université. Face à cette loi, deux positions sont possibles : la refuser et œuvrer pour son retrait, ou bien considérer qu’elle sera appliquée et faire en sorte que l’université, au moyen de ses statuts, l’adapte au mode de fonctionnement qu’elle souhaite, en particulier pour garantir la démocratie universitaire. C’est la première position qui est majoritairement celle de l’assemblée.
Enfin un troisième point est abordé, celui de la vocation des formations universitaires, avec une tension mal résolue entre professionnalisation et formation culturelle et disciplinaire. Une très forte méfiance se fait entendre du côté des voix étudiantes à l’égard de la professionnalisation des filières et de l’investissement des entreprises dans l’université, qui entraînerait une dépendance des formations à l’égard des exigences de ces entreprises. Si certains enseignants soulignent la nécessité de se préoccuper des débouchés professionnels de nos formations, pour d’autres l’université n’a pas à se soucier des débouchés mais de la qualité de ses formations, qui doit être maintenue et non rognée petit à petit.
Nathalie Fournier remercie étudiants et enseignants de leur participation active au débat. La séance est levée à 17 heures.
